Bonjour à tous, en cette période de non chasse, chacun attend avec impatience la réouverture, mais en attendant, je fais partager ma passion d'une autre façon, en effet, depuis quelque temps deux magazines de chasse m'ont demandé s'ils pouvaient utiliser des articles de mon blog, et même d'écrire des articles sur la chasse au sanglier en Corse, et c'est avec grand plaisir que j'ai accepté et voilà maintenant, depuis plusieurs mois que j'écris ces récits de chasse tirés de nos battues, déjà plusieurs articles sont parus depuis la fin de saison dans ces deux magazines qui sont "Vraie chasse" et "Sanglier et technique de chasse", un grand merci à mes correspondants qui m'ont offert cette chance et apprécient visiblement mon travail !
D'autres articles sont déjà écrits et paraîtront prochainement, notamment un article dont je suis assez fier relatant de l'histoire de nos anciens chasseurs Corses qui paraîtra sur deux numéros différents en deux fois quatre pages ! Alors que quelques autres sont encore en préparation.
En attendant, je vous invite à lire et à découvrir le dernier article en date, paru le mois dernier dans le magazine "sanglier et technique de chasse" voici la version complète de mon article. Bonne lecture !
Les sangliers de la Haute Vallée de la Gravona
Tous les week-ends du 15 Aout au 31 janvier, dans toute la Corse ont lieux de nombreuses battues aux sangliers ou tous les passionnés de la bête noire se donne rendez-vous dans les différents environnements Corses pour tenter d'y prélever le sanglier de leur vie !
C'est à cette occasion que Guillaume, 20 ans passionné de sangliers depuis toujours nous dresse le portrait de la région dans laquelle, en compagnie de ses amis, ils se retrouvent pour vivre leur passion !
D'autres articles sont déjà écrits et paraîtront prochainement, notamment un article dont je suis assez fier relatant de l'histoire de nos anciens chasseurs Corses qui paraîtra sur deux numéros différents en deux fois quatre pages ! Alors que quelques autres sont encore en préparation.
En attendant, je vous invite à lire et à découvrir le dernier article en date, paru le mois dernier dans le magazine "sanglier et technique de chasse" voici la version complète de mon article. Bonne lecture !
Les sangliers de la Haute Vallée de la Gravona
Tous les week-ends du 15 Aout au 31 janvier, dans toute la Corse ont lieux de nombreuses battues aux sangliers ou tous les passionnés de la bête noire se donne rendez-vous dans les différents environnements Corses pour tenter d'y prélever le sanglier de leur vie !
C'est à cette occasion que Guillaume, 20 ans passionné de sangliers depuis toujours nous dresse le portrait de la région dans laquelle, en compagnie de ses amis, ils se retrouvent pour vivre leur passion !
Tous les week-ends du 15 Aout au 31 janvier, dans toute la Corse ont lieux de nombreuses battues aux sangliers ou tous les passionnés de la bête noire se donne rendez-vous dans les différents environnements Corses pour tenter d'y prélever le sanglier de leur vie !
C'est à cette occasion que Guillaume, 20 ans passionné de sangliers depuis toujours nous dresse le portrait de la région dans laquelle, en compagnie de ses amis, ils se retrouvent pour vivre leur passion !
A mi-chemin entre Ajaccio et Corté se trouve le village de bocognano (Bucugna) a une altitude moyenne de 650m, cette commune de montagne s'étend sur plus de 7000 hectares et c'est aussi le plus haut village de la vallée de la Gravona. Avec une population d'environ 500 habitants, notre village de Bocognano est privilégié par le panorama époustouflant qui l'entoure, solidement ancré au pied du Monte d'Oro (2389m) au nord et ceinturé par le Monte Renoso (2110m) au sud au travers duquel coule la Gravona, fond de ce village un site montagneux exceptionnel ! Egalement reconnu pour ses célèbres sites touristiques tel que La Cascade du voile de la Mariée, la Cascade des Anglais ou encore de ses chemins de randonnée qui traversent toute la Corse : le GR20.

Un territoire riche et diversifié !
C'est avec notre équipe de battue au sanglier « A BUCUGNANESA » que nous avons la chance de pouvoir chasser dans tout type de biotopes, la particularité de notre territoire de chasse repose essentiellement sur l'immense châtaignerais, qui fait de Bocognano un des villages les plus réputé en particulier pour sa « Fiera di a Castagna », la foire de la châtaigne, qui chaque année attire nombre de personne et en font une des foires régionales les plus populaires ! Mais cette vaste châtaigneraie ne fait pas qu'attirer les Hommes, en effet, les sangliers friands de ce fruit y restent en nombre des que les premières châtaignes commencent à tomber mi-octobre pour notre plus grand plaisir !
Mais le territoire à une grande diversité en termes de végétations, à plus de 2000 mètres d'altitude, en haute montagne, sous les crêtes rocheuses, la végétation y est rare. Il faut descendre plus bas pour y voir apparaitre les premiers aulnes nains, souvent très denses et difficilement pénétrables, ils forment un refuge idéal pour les sangliers qui s'y tiennent volontiers l'été ou ils préfèrent se tenir au frais sur les plateaux de montagne dans les trous d'eau au milieu des basses que nous appelons « I Pozzi », ils descendront se nourrir plus bas dans les forêts de hêtres ou ils trouveront facilement « A Faina », les faines, fruits du hêtre, particulièrement apprécié par les animaux de ces régions.
Un dernier biotope, propice à la prolifération des sangliers est l'épais maquis composé de chênes verts, pins, châtaignés et autres « scopa e filetta » bruyères et fougères ou les sangliers y sont bien à l'abri peu dérangés et très difficiles a déloger a une altitude comprise entre 500 et 900 mètres.
Nous nous retrouvons chaque Samedi et Dimanche d'Aout à Janvier avec notre équipe « A Bucugnanesa » pour traquer notre gibier de prédilection, Le sanglier ! Mais ici, il faut mériter son sanglier, avoir une bonne condition physique, de bonnes jambes et un bon mental car à chaque battue, plusieurs heures de marche difficiles nous attendent pour les postes les plus éloignées.
Notre équipe est composée d'environ 15 chasseurs toutes générations confondues allant de 14 à 86 ans.
C'est mené par Léon, notre chef de battue, meneur de chiens, passionné particulièrement par les grands chiens courants tel que : bleus de Gascogne, griffons, porcelaines et autres, nous régale à chaque sorties avec ses fidèles compagnons aux trousses des bêtes noires. Pas avare d'efforts et plein d'abnégation, il est notre meneur, épaule dans sa tâche par Victor, Jean Noel, Charles et Alex.
Ce même Alex, lui passionné par nos fidèles chiens Corses, les Cursini, il possède une petite meute de ces amoureux de chasse avec qui il ratisse chaque mètre carré de maquis. Infatigables, volontaires, courageux, fougueux et déterminés tout comme leur maitre, ils forment une très bonne équipe qui passent des heures et des heures à courir derrière les sangliers et crapahuter dans nos montagnes pour le seul but de voir ses chiens mener et nous faire tirer les sangliers.
Ces mêmes montagnes dangereuses ou il y a quelques année la battue du jour aurait bien pu plus mal tourner pour lui, pour la petite histoire :
Une chasse difficile et des montagnes dangereuses !
C'est vers la fin de saison que l'équipe décide de faire une de nos battue les plus rudes (plus de deux heures de marche pour les derniers postés) et surtout par temps de pluie, ou après une longue matinée de marche pour Alex derrière ses chiens, une terrible chute fait souffler un vent de panique dans nos montagnes toujours imprévisibles, lorsqu'un gros rocher sur lequel il venait de sauter se dérobe sous ses pieds à cause de la forte pluie qui rend le terrain instable. Alex tombe de plusieurs mètres de haut avant de venir s'empaler sur une branche de « scopa » (bruyère) qui lui rentre sur le flanc et remonte le long des côtes sur plus de 20 centimètres ! Lorsque cet accident se produit, Alex est seul au fond d'un canal à plusieurs kilomètres de n'importe quel membre de l'équipe, pas de réseau pour le téléphone, aucun moyen de prévenir qui que ce soit...
Introuvable et sans nouvelles de lui depuis plusieurs heures, la peur d'un accident est dans toutes les têtes...l'équipe se met à sa recherche alors que le temps se gâte et l'après-midi est bien entamé.
Loin de là et courageusement, Alex sait qu'il doit remonter sur la crête pour pouvoir appeler de l'aide, perdant du sang, quasiment en rampant et boosté par l'adrénaline il y parvient après un énorme effort, malgré la gravité de sa blessure et avec un trou d'environ 3 cm de large dans le bas du ventre, il passe un coup de téléphone aux membres de l'équipe, plein d'humour et assez calme comme à son habitude pour annoncer ce qui s'est passé il y a plusieurs heures! Immédiatement, les pompiers sont avertis et malgré le mauvais temps, la complexité des lieux et le brouillard en haute montagne, ils parviennent à le récupérer en hélicoptère. Une belle frayeur et notre Alex qui s'en sort bien ! Cet accident n'aura fait que nous rappeler à quel point il faut rester prudent non seulement à la chasse en général mais d'autant plus dans les montagnes ou nous chassons !
Parmi les postés les plus fidèles qui sont présents par tous temps et pour toutes les saisons il y a bien évidemment notre doyen Toussaint (83 ans), nos deux Frédérique, nos petits jeunes passionnés Dumé et Vincent (tous deux 13 ans) et Roger, fine gâchette, qui pratique la chasse au sanglier depuis plus de 35 ans tout comme le déclencheur de ma passion, Mon père :
Frank, qui est le géniteur de ma passion que l'on partage ensemble depuis maintenant plus de 12 ans : la chasse au sanglier ! Fidèle au poste, il n'en démord pas de cette passion, quand on attrape le virus c'est pour toujours. A Chaque battue nous pouvons compter sur son expérience de la chasse et des compétences qu'il a acquises tout au long de ces années de pratique ! Il est pour moi mon modèle.
Et enfin, il y a moi, Guillaume (20 ans) plus jeune chasseur de l'équipe, chasseur dans l'âme depuis mon plus jeune âge, je rêvais depuis tout petit de pouvoir accompagner un jour mon père à la chasse, curieux de voir mes premiers sangliers autre qu'en photos, désireux d'apprendre j'ai rapidement eu l'occasion de pouvoir le suivre en poste dès mes 11ans ou j'ai pu rester à ses côtés tout au long des saisons au cours desquelles j'observais ses moindres faits et gestes pour m'en inspirer au maximum, ce sont ces quelques années qui ont fait de moi le chasseur que je suis aujourd'hui, c'est lui qui m'a appris tout ce que je peux connaitre, mon savoir et mes connaissances acquises après aussi plusieurs centaines d'heures de marche dans nos montagnes pour connaitre chaque poste, chaque passage !
Pour mes 16 ans j'ai immédiatement passé mon permis de chasse, au cours de cette même année j'ai eu l'occasion de mettre en pratique ce que j'avais pu apprendre auparavant, ce qui m'a permis de prélever mes premiers sangliers.
Aujourd'hui, toujours autant passionné et un peu plus d'une trentaine de sangliers à mon actif, je continu d'accumuler de l'expérience et d'apprendre à chaque battue, je fais également parti d'une communauté grandissante de chasseurs adeptes des nouvelles technologies, j'utilise moi-même une mini caméra pour filmer, partager et revoir nos exploits dans la pratique de notre passion, d'où je suis également le créateur du blog de notre équipe « A Bucugnanesa » que je partage avec d'autres amis internautes qui me permet de prolonger un peu le plaisir d'une bonne journée de chasse !
Une journée de chasse dans les montagnes de Bocognano !
A chaque battue que nous avons à faire, nous savons à quoi nous attendre, postés et traqueurs savent que plusieurs heures de marche seront nécessaire ! D'où l'importance d'avoir une très bonne condition physique d'autant plus dans les conditions montagneuses difficiles dans lesquelles nous chassons !
Bien souvent la configuration de la battue est la même une ligne de crête fermée par les postés pendant que les rabatteurs prennent place pour lâcher leurs meutes afin de diriger les sangliers vers nos postes. Bien évidemment les capacités physiques de chacun sont prisent en compte pour le positionnement des postes, nos éléments les plus âgés fermerons les postes du bas pendant que les plus jeunes et les plus courageux seront chargés de tenir les postes du haut a plusieurs heures de marche de là. Après une marche souvent éprouvante, la beauté des paysages qui nous entourent arrive à nous faire oublier les difficultés encourues pour y parvenir. Les sites sont tout simplement grandiose et nous propose des postes de rêve en particulier à des altitudes dépassants les 1400 mètres, sur de gros rochers aux pieds de nos plus hautes montagnes, dans les éboulis sous les barres rocheuses, en passant par les vieux monuments construis il y a plusieurs centaines d'années ou encore arriver sur les grands plateaux de montagnes aux parfums envoutants de thym sauvages et tout un tas d'autres espèces de plantes qui rendent l'air si agréable a respirer a ces altitudes et permettent de faire le vide !
Rien que le fait de chasser dans de tels décors fait de nous des privilégiés et lorsque la battue peut commencer cette impression ne fait que ce confirmer, imaginer les chiens sur les traces fraiches d'un sanglier, a plusieurs kilomètres de là, les aboiements des grands chiens ne sont pas encore réguliers mais la voie est bonne puis petit à petit la fréquence augmente, encore et encore... les c½urs des chasseurs commencent à s'emballer, petit à petit le rythme cardiaque augmente, les chiens sur la crête en face, museaux à terre sont de plus en plus pressants et là soudain...ils trouvent le sanglier et tout s'accélère ! Les aboiements fractionnés se transforment en une magnifique mélodie constante mélangeant les différentes sonorités des chiens aux trousses du sanglier, en poste l'excitation est à son comble, le c½ur emballé, des frissons dans tout le corps, le chasseur attend d'apercevoir au loin une masse noire se déplacer à toute vitesse...puis on aperçois une première fois l'animal, puis encore une fois, nous pouvons même le voir sur plusieurs dizaines de mètres dans le propre au pied des montagnes ! Il est encore loin, mais il est bien là ! Puis il entame une longue descente vers le canal ou il devra remonter de l'autre coté en direction de nos postes ! La meute derrière lui se rapproche, il va donc tenter plusieurs man½uvres pour essayer de semer ses poursuivants, mais les chiens expérimentés ne se laisseront pas avoir, ils descendent au fond du canal dans son sillage et alors les aboiements clairs et distincts de chaque chien se transforment en un énorme bourdonnement sourd qui raisonne dans toute la vallée. Ce concert amplifié par la pression des rabatteurs qui par la force des voix et des coups de feu donnent un peu plus de courage aux chiens et ce qui en fait une mélodie indescriptible, qui est ce pour quoi principalement nous chassons, rien que le fait d'entendre ça suffit à en faire une belle battue, le reste n'est alors qu'une finition logique et mémorable du travail extraordinaire produit par les chiens, qui parviendrons à faire remonter le sanglier vers un des postes qui aura la chance d'entendre un premier craquement de branches du sanglier qui arrive, la pression et l'adrénaline son alors à leur apogée, jusqu'au moment où le sanglier est là, bien visible, il arrive dans le poste, c'est à ce moment que le chasseur doit garder tout le contrôle de ses émotions, rester calme et d'un geste naturel et fluide, ajuster l'animal qui nous fait tant vibrer et dans une action qui semble se dérouler comme au ralenti, presser lentement la détente... et voir l'animal s'écrouler au coup de feu ( dans le meilleur des scénarios...).Ceux qui n'ont pas pu voir l'action se dérouler attendent la réaction des chiens qui ne tardent pas à arriver sur le sanglier mort qui constitue une récompense pour eux, plus d'aboiements, juste des signes d'encouragements et des remerciements envers nos fidèles compagnons de chasse au moins autant passionnés que nous. Le sanglier est belle et bien mort. L'ambiance retombe petit à petit, les chiens récompensés sont rediriger en direction de leur maitre, l'heureux chasseur se retrouve alors seul avec son sanglier dont il peut être fier et lui rendre un dernier hommage, faire quelques belles photos auprès de la bête de sa passion dans son environnement de prédilection !
La battue terminée, il n'est pas encore temps de se reposer, il faudra comme à chaque fois redescendre les animaux prélevés ce qui est rarement une partie de plaisir ! Mais c'est ici que la notion de travail d'équipe prend tout son sens...petit à petit et tous ensembles, nous nous relayons pour ramener le sanglier qui nous demande beaucoup d'efforts, mais le fait d'en baver tous ensemble entre amis ne fait que resserrer les liens que l'on tisse en courant la montagne, et comme m'a dit un ami : « des souffrances à partager, ça rapproche les Hommes d'en chier ensemble »
Enfin, de retour à la « Casetta » (cabane de chasse) nous nous retrouvons avec toute l'équipe pour y partager un bon repas, avec au menu notre charcuterie locale, salamu, coppa, lonzu, prizutu,salciccia et figatellu au feu de bois accompagné de quelques verres de rouge et un bon fromage Corse pour reprendre des forces avant de préparer les sangliers : dépeçage, nettoyage et partage de la viande avant un retour au coin du feu avec une petite acqua vita ( eau de vie) à écouter les vieilles histoires de chasse ou datant de l'époque de la guerre, fièrement racontées par nos anciens, malgré la fatigue d'une bonne journée, on pourrait passer des heures à les écouter, le week-end touche à sa fin, la nuit commence à tomber, c'est la fin d'une bonne journée de chasse !
Guillaume ROBERT.
C'est à cette occasion que Guillaume, 20 ans passionné de sangliers depuis toujours nous dresse le portrait de la région dans laquelle, en compagnie de ses amis, ils se retrouvent pour vivre leur passion !
A mi-chemin entre Ajaccio et Corté se trouve le village de bocognano (Bucugna) a une altitude moyenne de 650m, cette commune de montagne s'étend sur plus de 7000 hectares et c'est aussi le plus haut village de la vallée de la Gravona. Avec une population d'environ 500 habitants, notre village de Bocognano est privilégié par le panorama époustouflant qui l'entoure, solidement ancré au pied du Monte d'Oro (2389m) au nord et ceinturé par le Monte Renoso (2110m) au sud au travers duquel coule la Gravona, fond de ce village un site montagneux exceptionnel ! Egalement reconnu pour ses célèbres sites touristiques tel que La Cascade du voile de la Mariée, la Cascade des Anglais ou encore de ses chemins de randonnée qui traversent toute la Corse : le GR20.

Un territoire riche et diversifié !
C'est avec notre équipe de battue au sanglier « A BUCUGNANESA » que nous avons la chance de pouvoir chasser dans tout type de biotopes, la particularité de notre territoire de chasse repose essentiellement sur l'immense châtaignerais, qui fait de Bocognano un des villages les plus réputé en particulier pour sa « Fiera di a Castagna », la foire de la châtaigne, qui chaque année attire nombre de personne et en font une des foires régionales les plus populaires ! Mais cette vaste châtaigneraie ne fait pas qu'attirer les Hommes, en effet, les sangliers friands de ce fruit y restent en nombre des que les premières châtaignes commencent à tomber mi-octobre pour notre plus grand plaisir !
Mais le territoire à une grande diversité en termes de végétations, à plus de 2000 mètres d'altitude, en haute montagne, sous les crêtes rocheuses, la végétation y est rare. Il faut descendre plus bas pour y voir apparaitre les premiers aulnes nains, souvent très denses et difficilement pénétrables, ils forment un refuge idéal pour les sangliers qui s'y tiennent volontiers l'été ou ils préfèrent se tenir au frais sur les plateaux de montagne dans les trous d'eau au milieu des basses que nous appelons « I Pozzi », ils descendront se nourrir plus bas dans les forêts de hêtres ou ils trouveront facilement « A Faina », les faines, fruits du hêtre, particulièrement apprécié par les animaux de ces régions.
Un dernier biotope, propice à la prolifération des sangliers est l'épais maquis composé de chênes verts, pins, châtaignés et autres « scopa e filetta » bruyères et fougères ou les sangliers y sont bien à l'abri peu dérangés et très difficiles a déloger a une altitude comprise entre 500 et 900 mètres.
Nous nous retrouvons chaque Samedi et Dimanche d'Aout à Janvier avec notre équipe « A Bucugnanesa » pour traquer notre gibier de prédilection, Le sanglier ! Mais ici, il faut mériter son sanglier, avoir une bonne condition physique, de bonnes jambes et un bon mental car à chaque battue, plusieurs heures de marche difficiles nous attendent pour les postes les plus éloignées.
Notre équipe est composée d'environ 15 chasseurs toutes générations confondues allant de 14 à 86 ans.
C'est mené par Léon, notre chef de battue, meneur de chiens, passionné particulièrement par les grands chiens courants tel que : bleus de Gascogne, griffons, porcelaines et autres, nous régale à chaque sorties avec ses fidèles compagnons aux trousses des bêtes noires. Pas avare d'efforts et plein d'abnégation, il est notre meneur, épaule dans sa tâche par Victor, Jean Noel, Charles et Alex.
Ce même Alex, lui passionné par nos fidèles chiens Corses, les Cursini, il possède une petite meute de ces amoureux de chasse avec qui il ratisse chaque mètre carré de maquis. Infatigables, volontaires, courageux, fougueux et déterminés tout comme leur maitre, ils forment une très bonne équipe qui passent des heures et des heures à courir derrière les sangliers et crapahuter dans nos montagnes pour le seul but de voir ses chiens mener et nous faire tirer les sangliers.
Ces mêmes montagnes dangereuses ou il y a quelques année la battue du jour aurait bien pu plus mal tourner pour lui, pour la petite histoire :
Une chasse difficile et des montagnes dangereuses !
C'est vers la fin de saison que l'équipe décide de faire une de nos battue les plus rudes (plus de deux heures de marche pour les derniers postés) et surtout par temps de pluie, ou après une longue matinée de marche pour Alex derrière ses chiens, une terrible chute fait souffler un vent de panique dans nos montagnes toujours imprévisibles, lorsqu'un gros rocher sur lequel il venait de sauter se dérobe sous ses pieds à cause de la forte pluie qui rend le terrain instable. Alex tombe de plusieurs mètres de haut avant de venir s'empaler sur une branche de « scopa » (bruyère) qui lui rentre sur le flanc et remonte le long des côtes sur plus de 20 centimètres ! Lorsque cet accident se produit, Alex est seul au fond d'un canal à plusieurs kilomètres de n'importe quel membre de l'équipe, pas de réseau pour le téléphone, aucun moyen de prévenir qui que ce soit...
Introuvable et sans nouvelles de lui depuis plusieurs heures, la peur d'un accident est dans toutes les têtes...l'équipe se met à sa recherche alors que le temps se gâte et l'après-midi est bien entamé.
Loin de là et courageusement, Alex sait qu'il doit remonter sur la crête pour pouvoir appeler de l'aide, perdant du sang, quasiment en rampant et boosté par l'adrénaline il y parvient après un énorme effort, malgré la gravité de sa blessure et avec un trou d'environ 3 cm de large dans le bas du ventre, il passe un coup de téléphone aux membres de l'équipe, plein d'humour et assez calme comme à son habitude pour annoncer ce qui s'est passé il y a plusieurs heures! Immédiatement, les pompiers sont avertis et malgré le mauvais temps, la complexité des lieux et le brouillard en haute montagne, ils parviennent à le récupérer en hélicoptère. Une belle frayeur et notre Alex qui s'en sort bien ! Cet accident n'aura fait que nous rappeler à quel point il faut rester prudent non seulement à la chasse en général mais d'autant plus dans les montagnes ou nous chassons !
Parmi les postés les plus fidèles qui sont présents par tous temps et pour toutes les saisons il y a bien évidemment notre doyen Toussaint (83 ans), nos deux Frédérique, nos petits jeunes passionnés Dumé et Vincent (tous deux 13 ans) et Roger, fine gâchette, qui pratique la chasse au sanglier depuis plus de 35 ans tout comme le déclencheur de ma passion, Mon père :
Frank, qui est le géniteur de ma passion que l'on partage ensemble depuis maintenant plus de 12 ans : la chasse au sanglier ! Fidèle au poste, il n'en démord pas de cette passion, quand on attrape le virus c'est pour toujours. A Chaque battue nous pouvons compter sur son expérience de la chasse et des compétences qu'il a acquises tout au long de ces années de pratique ! Il est pour moi mon modèle.
Et enfin, il y a moi, Guillaume (20 ans) plus jeune chasseur de l'équipe, chasseur dans l'âme depuis mon plus jeune âge, je rêvais depuis tout petit de pouvoir accompagner un jour mon père à la chasse, curieux de voir mes premiers sangliers autre qu'en photos, désireux d'apprendre j'ai rapidement eu l'occasion de pouvoir le suivre en poste dès mes 11ans ou j'ai pu rester à ses côtés tout au long des saisons au cours desquelles j'observais ses moindres faits et gestes pour m'en inspirer au maximum, ce sont ces quelques années qui ont fait de moi le chasseur que je suis aujourd'hui, c'est lui qui m'a appris tout ce que je peux connaitre, mon savoir et mes connaissances acquises après aussi plusieurs centaines d'heures de marche dans nos montagnes pour connaitre chaque poste, chaque passage !
Pour mes 16 ans j'ai immédiatement passé mon permis de chasse, au cours de cette même année j'ai eu l'occasion de mettre en pratique ce que j'avais pu apprendre auparavant, ce qui m'a permis de prélever mes premiers sangliers.
Aujourd'hui, toujours autant passionné et un peu plus d'une trentaine de sangliers à mon actif, je continu d'accumuler de l'expérience et d'apprendre à chaque battue, je fais également parti d'une communauté grandissante de chasseurs adeptes des nouvelles technologies, j'utilise moi-même une mini caméra pour filmer, partager et revoir nos exploits dans la pratique de notre passion, d'où je suis également le créateur du blog de notre équipe « A Bucugnanesa » que je partage avec d'autres amis internautes qui me permet de prolonger un peu le plaisir d'une bonne journée de chasse !
Une journée de chasse dans les montagnes de Bocognano !
A chaque battue que nous avons à faire, nous savons à quoi nous attendre, postés et traqueurs savent que plusieurs heures de marche seront nécessaire ! D'où l'importance d'avoir une très bonne condition physique d'autant plus dans les conditions montagneuses difficiles dans lesquelles nous chassons !
Bien souvent la configuration de la battue est la même une ligne de crête fermée par les postés pendant que les rabatteurs prennent place pour lâcher leurs meutes afin de diriger les sangliers vers nos postes. Bien évidemment les capacités physiques de chacun sont prisent en compte pour le positionnement des postes, nos éléments les plus âgés fermerons les postes du bas pendant que les plus jeunes et les plus courageux seront chargés de tenir les postes du haut a plusieurs heures de marche de là. Après une marche souvent éprouvante, la beauté des paysages qui nous entourent arrive à nous faire oublier les difficultés encourues pour y parvenir. Les sites sont tout simplement grandiose et nous propose des postes de rêve en particulier à des altitudes dépassants les 1400 mètres, sur de gros rochers aux pieds de nos plus hautes montagnes, dans les éboulis sous les barres rocheuses, en passant par les vieux monuments construis il y a plusieurs centaines d'années ou encore arriver sur les grands plateaux de montagnes aux parfums envoutants de thym sauvages et tout un tas d'autres espèces de plantes qui rendent l'air si agréable a respirer a ces altitudes et permettent de faire le vide !
Rien que le fait de chasser dans de tels décors fait de nous des privilégiés et lorsque la battue peut commencer cette impression ne fait que ce confirmer, imaginer les chiens sur les traces fraiches d'un sanglier, a plusieurs kilomètres de là, les aboiements des grands chiens ne sont pas encore réguliers mais la voie est bonne puis petit à petit la fréquence augmente, encore et encore... les c½urs des chasseurs commencent à s'emballer, petit à petit le rythme cardiaque augmente, les chiens sur la crête en face, museaux à terre sont de plus en plus pressants et là soudain...ils trouvent le sanglier et tout s'accélère ! Les aboiements fractionnés se transforment en une magnifique mélodie constante mélangeant les différentes sonorités des chiens aux trousses du sanglier, en poste l'excitation est à son comble, le c½ur emballé, des frissons dans tout le corps, le chasseur attend d'apercevoir au loin une masse noire se déplacer à toute vitesse...puis on aperçois une première fois l'animal, puis encore une fois, nous pouvons même le voir sur plusieurs dizaines de mètres dans le propre au pied des montagnes ! Il est encore loin, mais il est bien là ! Puis il entame une longue descente vers le canal ou il devra remonter de l'autre coté en direction de nos postes ! La meute derrière lui se rapproche, il va donc tenter plusieurs man½uvres pour essayer de semer ses poursuivants, mais les chiens expérimentés ne se laisseront pas avoir, ils descendent au fond du canal dans son sillage et alors les aboiements clairs et distincts de chaque chien se transforment en un énorme bourdonnement sourd qui raisonne dans toute la vallée. Ce concert amplifié par la pression des rabatteurs qui par la force des voix et des coups de feu donnent un peu plus de courage aux chiens et ce qui en fait une mélodie indescriptible, qui est ce pour quoi principalement nous chassons, rien que le fait d'entendre ça suffit à en faire une belle battue, le reste n'est alors qu'une finition logique et mémorable du travail extraordinaire produit par les chiens, qui parviendrons à faire remonter le sanglier vers un des postes qui aura la chance d'entendre un premier craquement de branches du sanglier qui arrive, la pression et l'adrénaline son alors à leur apogée, jusqu'au moment où le sanglier est là, bien visible, il arrive dans le poste, c'est à ce moment que le chasseur doit garder tout le contrôle de ses émotions, rester calme et d'un geste naturel et fluide, ajuster l'animal qui nous fait tant vibrer et dans une action qui semble se dérouler comme au ralenti, presser lentement la détente... et voir l'animal s'écrouler au coup de feu ( dans le meilleur des scénarios...).Ceux qui n'ont pas pu voir l'action se dérouler attendent la réaction des chiens qui ne tardent pas à arriver sur le sanglier mort qui constitue une récompense pour eux, plus d'aboiements, juste des signes d'encouragements et des remerciements envers nos fidèles compagnons de chasse au moins autant passionnés que nous. Le sanglier est belle et bien mort. L'ambiance retombe petit à petit, les chiens récompensés sont rediriger en direction de leur maitre, l'heureux chasseur se retrouve alors seul avec son sanglier dont il peut être fier et lui rendre un dernier hommage, faire quelques belles photos auprès de la bête de sa passion dans son environnement de prédilection !
La battue terminée, il n'est pas encore temps de se reposer, il faudra comme à chaque fois redescendre les animaux prélevés ce qui est rarement une partie de plaisir ! Mais c'est ici que la notion de travail d'équipe prend tout son sens...petit à petit et tous ensembles, nous nous relayons pour ramener le sanglier qui nous demande beaucoup d'efforts, mais le fait d'en baver tous ensemble entre amis ne fait que resserrer les liens que l'on tisse en courant la montagne, et comme m'a dit un ami : « des souffrances à partager, ça rapproche les Hommes d'en chier ensemble »
Enfin, de retour à la « Casetta » (cabane de chasse) nous nous retrouvons avec toute l'équipe pour y partager un bon repas, avec au menu notre charcuterie locale, salamu, coppa, lonzu, prizutu,salciccia et figatellu au feu de bois accompagné de quelques verres de rouge et un bon fromage Corse pour reprendre des forces avant de préparer les sangliers : dépeçage, nettoyage et partage de la viande avant un retour au coin du feu avec une petite acqua vita ( eau de vie) à écouter les vieilles histoires de chasse ou datant de l'époque de la guerre, fièrement racontées par nos anciens, malgré la fatigue d'une bonne journée, on pourrait passer des heures à les écouter, le week-end touche à sa fin, la nuit commence à tomber, c'est la fin d'une bonne journée de chasse !
Guillaume ROBERT.


















































